
On nous avait prévenus : « Attention spectacle déjanté ! ».
Et ce fut vrai.
La première scène n’était pas réellement lancée qu’une grève surprise frappait le théâtre et les spectateurs. Allions nous assister à la mise en place d’une manif ? Non, simplement les personnages s’extirpaient de la pièce et prenaient conscience de leur condition… inhumaine. En refusant de jouer qu’allaient-ils dire car après tout l’auteur donne la vie aux personnages et eux n’avaient soudain plus d’auteur pour leur prêter leur mots, mais ces créateurs étaient aussi responsables de leurs maux.
Qu’allaient-ils devenir ?
Ont-ils perdu l’auteur ou simplement le texte ? S’agit-il d’une crise existentielle ? Il parait que derrière le rideau de lumière un autre monde existe, des gens sans texte, tristes et attentistes veillent dans le noir tout en observant la vie des autres et peut-être même de s’en moquer. Pour se rassurer de la leur sans saveur ?
Que de questions dans ce simple début de représentation.
Sans vous dévoiler la suite, la compagnie qui ce soir jouait son propre texte s’est visiblement amusé à construire une allégorie de la vie avec une foule de personnages plus barrés les uns que les autres nous renvoyant à nos propres outrances. Car nous vivons tous en usant le texte préformaté que l’on nous a mâché, même les plus rebelles d’entre nous. Mais au bout du compte nous cherchons tous l’amour, par n’importe quel moyen et c’est aussi à cela que nous renvois le spectacle de ce soir.
Alors merci pour cette charmante soirée en votre compagnie, car en sortant j’étais comme tous les autres spectateurs, satisfait au fond de moi d’être un être humain bien normal malgré tous mes freins, mes angoisses, mes envies et cette folie de penser que j’était unique.



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Le Nours - Juillet 2009
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