Au bout du canon : Michel Sanz et Nico

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Inutile de présenter Lucy, l'ancêtre "actuelle" de l'humanité. Mais rendons grâce à Sanz et Nico de nous avoir fait connaître son petit copain, Lucyen, héros de la bande dessinée La Horde (5 albums déjà).
Les Marseillais apprécient cette série de comics trip (une bande de 3 cases) puisqu'elle est née dans Marseille Plus le quotidien gratuit de La Provence. Tous les jours et pendant plus de quatre ans, nous avons eu droit à un gag de l'ineffable Lucyen.
Lucyen, personnage singulier (au niveau du neurone) ne parle que de bouffe et de chasse, a horreur des légumes et développe une peur panique des courgettes (?!), est macho comme pas deux, a le coup de massue très, très facile et… malgré tout ça… extrêmement sympathique ! C'est un peu comme cet infernal copain d'enfance qu'on aime… malgré tout, ou ce beauf' lourdingue mais pas méchant qui, finalement, nous a toujours fait rire.
Autour de Lucyen, la horde donc :
Lucy, amoureuse, dont on se demande qu'est-ce qu'elle peut bien lui trouver ;
Alleg l'instit, qui voudrait dégraisser le mammouth (!) ;
Le commerçant responsable de la disparition des mammouths, c'est Karfur (hé ! hé !)
Zarcé le sculpteur (le Marseillais de la Horde ?)
Tro Magnon le petit neveu, dont Sanz dit "c'est un enfant de l'âge de pierre, ils vont donc dans la même classe".
La Horde c'est une alliance réussit avec un scénariste fou (absurde, jeux de mots à la pelle…) et un jeune dessinateur Nico (il n'avait pas 20 ans au début de l'aventure) au talent tout bonnement renversant ! Il faut le voir vous dédicacer un album pour être écœuré à vie de l'injustice de la nature : ce gamin dessine en 5 minutes, devant votre copine en pamoison, une œuvre que vous mettriez 15 jours à réaliser, en ne faisant que ça ! Dans ce cas là, je regrette de ne pas avoir une matraque sous la main. Il m’énerve… Ca parait si facile…
La grande réussite de la Horde, en plus bien sûr de déclencher l'hilarité (quand on a saisit la tournure d'esprit), c'est de nous montrer que l'humanité n'a finalement pas tant évolué que ça au niveau du caractère.
Là est le propos des auteurs : parler avec finesse de la rustrerie des hommes d'aujourd'hui.
Retrouvez les sur http://www.lucyen.com

 

Pour toi Michel, toujours la même question, c’est quoi les bons cotés de Marseille ?
Le bon côté de Marseille c'est son identité culturelle, son âme, son esprit, son humour. Ce n'est pas : le meilleur, le beau, le plus grand, le plus fort… Non ! C'est juste que cette ville a un "goût", un goût fort, qu'on aime ou qu'on déteste comme son accent. Moi, je l'aime !
J'aime sa capacité a accueillir les peuples et a les intégrer au sens le plus beau du terme. Souvent, bien sûr, des immigrés, des gens qui fuient la guerre, la misère ou les deux. C'est bien le cas de mes parents pieds-noirs. Et au final Marseille est une ville riche… de ses pauvres.

 

 

Michel Jacquet

www.michel-jacquet.com

www.lestchapacans.com


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