Au bout du canon de Michel jacquet : SERGE SCOTTO

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Fin d’année chargée pour Serge Scotto, romancier prolifique et très éclectique, qui a sorti simultanément deux polars en octobre dernier. Polar n’est d’ailleurs pas le mot qui convienne le mieux à cette noire littérature… dans laquelle on ne croise la police que très accessoirement ! Enfin, un peu de repos bien mérité pour les gentils représentants de l’ordre!
La part belle y est plutôt faite aux voyous, à commencer par le premier Opus « GAGNANT A VIE » qui dresse le portrait d’un étrange écrivain, sympathique mais totalement amoral, qui pour compenser la maigreur de ses droits d’auteur accepte un petit boulot de… tueur à gages ! Jusqu’au jour où décrochant de façon éhontée le Prix Goncourt il voit sa gueule se multiplier dans les médias, ce qui ne va pas faciliter l’exécution discrète de ses contrats… D’autant plus que sa prochaine victime se trouve devoir être son meilleur ami, le romancier Del Pappas. Notez que si Herbert Turaive, l’antihéros de cette enquête truculente, n’est pas - il faut le souhaiter en tout cas -   le double de fiction de mon ami Serge Scotto…, Del Pappas, lui, existe bel et bien !
Entre Tunis et Marseille, vrai et faux, humour et noirceur, on retrouve le style élégant et satirique qui est la marque de Serge Scotto, qui se penche ici en marge de son récit sur les coulisses édifiantes de la littérature… avec férocité et réussite !
On retrouve Marseille sous la plume du même auteur dans « SAINT-PIERRE ET NUQUE LONGUE », dernière aventure en date de Gabriel Lecouvreur, dit Le Poulpe. Un personnage libre, curieux, contemporain, qui fouille sans failles dans les désordres apparents du quotidien : on ne présente plus Le Poulpe, héros de plus de cent soixante romans, dont quelques précieux bijoux et autant de bouses, mais qui nous revient ici en grande forme. Serge Scotto, lui-même lecteur assidu de la série, a eu à cœur d’écrire un Poulpe qui satisfasse les véritables amateurs, fidèle à l’esprit initié par son créateur Jean-Bernard Pouy.
Ici Gabriel retrouve un ancien amour d’été, Sabrina, qui l’entraine sur les traces sudistes de leurs amours anciennes, un quart de siècle plus tôt… Un cadavre flottant dans les eaux troubles du Vieux-Port et de la politique est l’occasion pour l’auteur de dresser le portrait croisé d’une génération, celle des quadras, et d’une ville en pleine évolution.
Un roman trop court à mon goût, mais le verbe acerbe et le sens de la formule font tout le plaisir de lire cet épisode… Ce Poulpe là : tentaculaire !

                                                                               

Gagnant à Vie, L’Ecailler / 7,50 €

 

Saint Pierre et nuque longue : le Poulpe, Baleine / 6,50 €

    Et maintenant question rituelle, Le bon côté de Marseille pour toi, c’est ?
« C’était, plutôt… Il me semble que la misère était moins pénible au soleil, comme chanterait Aznavour. Il y a peu, on pouvait encore y vivre, voire s’y laisser vivre, très agréablement avec trois francs six sous…, mais c’est fini, Marseille prend de la valeur et des cours de maintien… et on fait bien sentir au Marseillais de base qu’il y est presque devenu indésirable. »

 

 

Michel Jacquet

www.michel-jacquet.com

www.lestchapacans.com


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